La réserve de Scandola, Corse.

En Corse du Sud, la Réserve naturelle Scandola, inscrite au Patrimoine Mondial de l’Unesco, abrite sur plus de 1 600 hectares une biodiversité d’une richesse remarquable.

J’ai eu la chance d’y plonger à plusieurs reprises avec et d’y admirer pendant nos explorations cette profusion animales et végétales : barracudas, corail rouge, gorgones, mérous, herbiers de posidonie, entre autres.

Les herbiers de Posidonie : Refuge de biodiversité et poumon de la Méditerranée.

Cette plante à fleurs marine, cousine de l’Iris et espèce protégée, joue un rôle fondamental dans l’écosystème méditerranéen.

Elle forme de vastes prairies, tour à tour habitats, frayères et  nurseries pour 25% des espèces animales méditerranéennes. Des refuges nourriciers indispensables à l’équilibre de la biodiversité sous-marine.

Mais leur rôle dépasse les fonds marins et s’étend jusqu’au littoral et même à l’atmosphère : les amas de Posidonie que l’on retrouve sur les plages constituent des récifs barrières qui protègent nos côtes des tempêtes et de l’érosion à la manière des récifs coralliens tropicaux.

Par la photosynthèse, les herbiers de Posidonie produisent de grandes quantités d’oxygène et absorbent plus de carbone que les forêts. Ces prairies d’apparence anodine sont donc des alliées cruciales de l’équilibre climatique.

Cet écosystème complexe et indispensable est aujourd’hui malheureusement mis en danger par l’activité humaine, notamment le tourisme de masse et l’abondance de plaisanciers dont les mouillages détériorent les prairies.

Scandola, une réserve en danger ?

Le tourisme de masse, un problème qui touche très directement la Réserve Naturelle de Scandola qui, malgré de nombreuses mesures de protection, peine pourtant à trouver un équilibre entre promotion et préservation de son territoire.

En 2020 le conseil de l’Europe lui a retiré le label « Espace européen protégé » qu’elle détenait depuis 1985.La raison de ce déclassement ? Une trop forte pression touristique qui met en danger les écosystèmes terrestres et sous-marins.

Un enjeu de gestion sérieusement pris en compte par le Parc naturel régional de Corse qui, malgré de nombreuses mesures,  ne semble pas trouver le bon équilibre pour préserver cet espace de l’impact des dizaines de milliers de visiteurs annuels.